En tant que contrebassiste, je suis généralement au service de projets collectifs. Faut pas penser que je m’en plains: c’est une des plus belles expériences qui soient. Mais après bientôt 20 ans de bons et loyaux services sur les planches, j’ai une envie grandissante de monter un duo pour changer.

Un duo avec ma poutre. Juste elle et moi, sur scène.

La première étape de recherche s'est déroulée au Pantographe à Moutier. Pilou et Ondine m'ont proposé une carte blanche le soir de mon arrivée en résidence.

Du coup, quand je l’ai reçu, le coup de fil... ça m’a... donné... un coup. Un coup du lapin, presque... un coup du lapin.. blanc... comme la carte... comme le lapin d’Alice qui court pressé par le temps

Je n’ai pas pu donner une réponse de suite. Dire oui, n’était pas vraiment raisonnable. Dire non, c’était faire preuve d’une lâcheté que ma fierté réprouve. Il fallait réfléchir. Sérieusement, même.

Du coup, j’ai appliqué une bonne vieille méthode qui a fait ses preuves: j’ai suivi le lapin au fond du terrier... sans réfléchir... et je suis tombée, sans fin, dans un grand trou.

J’ai passé une nuit... blanche comme on dit... assez littéralement même: je voyais les murs de ma chambre tapissée de cartes blanches. Tous les meubles, aussi. Même sur le pelage du lapin. Des cartes blanches partout!

L’angoisse.

Alors, évidemment, s’est passé ce qui devait se passer: fraîche comme un zombie en décomposition et à moitié tétanisée, j’ai répondu le lendemain matin pour dire oui.